A quelques semaines du scrutin, le président a publié un message qui sonne comme une mise en garde.
Prévenir on ne le sait que trop, vaut mieux que guérir, dit l’adage. Paul Biya le fait sien dans son message publie il y a quelques jours sur ses comptes officiels. « Le douloureux spectacles qu’offrent certains pays déchirés par la guerre, les antagonismes religieux, les déplacements de population et l’anarchie, ne peut vous laisser entrainer dans pareille aventure », écrit-il. Une invite bien a propos, dans un contexte politique marque par des appels sporadiques à la contestation et une présence accrue sur les réseaux sociaux, cette déclaration vise clairement à couper court à toute velléité d’insurrection.
Une sortie loin d’être la première. Déjà en 2017, en pleine crise anglophone, Paul Biya dénonçait « les apprentis sorciers » qui voulaient « mettre l’unité nationale en péril ». Et comme à chaque période difficile traversée par le pays, il revient sur la même ligne de communication : la stabilité comme bien suprême et l’ordre comme barrière contre l’effondrement. La nouveauté c’est le canal. En 2025, Paul Biya utilise Facebook et autres, une première pour président longtemps réputé discret. Cette présence numérique lui permet de s’adresser directement aux citoyens, notamment les jeunes, et de maitriser son récit. Dans un contexte de compétition politique, il s’agit de montrer un chef d’État attentif et réactif, soucieux de prévenir toute dérive.
Si ses partisans saluent un message de prudence et de responsabilité, l’opposition y voit une stratégie de peur. Certains leaders rappellent que les tensions sociales, les inégalités et les frustrations politiques ne disparaissent pas par des mises en garde. Pour eux, la stabilité durable passe par des réformes profondes, un dialogue inclusif et une ouverture démocratique réelle. En associant toute contestation au risque de chaos, Paul Biya réactive un discours qu’il maitrise depuis des décennies. Cette fois. L’exercice prend une dimension nouvelle, celle d’un chef en quête de continuité, cherchant à renforcer son image de garant de l’unité nationale a l’heure ou le Cameroun se prépare a un scrutin décisif.
Maurice C. ELOUNDOU





